Les désordres du carrelage
Le carrelage génère une sinistralité fréquente mais aux montants unitaires modérés, ce qui lui vaut une tarification favorable comparée au gros œuvre.
Le décollement constitue le désordre le plus courant. Il résulte d'un support mal préparé, d'un mortier-colle inadapté, d'un temps de séchage insuffisant ou d'un défaut de désolidarisation. Lorsqu'il affecte une surface importante, il rend le local impropre à sa destination et relève de la décennale.
Les fissures viennent ensuite. Elles proviennent souvent d'un joint de dilatation absent ou mal positionné, ou d'un support ayant travaillé. La distinction est ici délicate : une fissure due au support relève du maçon, une fissure due à la pose du carreleur. L'expertise détermine l'origine.
L'étanchéité des pièces humides constitue le poste le plus grave. Une salle de bains ou une douche à l'italienne mal étanchée provoque des infiltrations vers les locaux voisins ou l'étage inférieur. Ces désordres sont systématiquement décennaux et leur reprise implique la démolition complète de l'ouvrage.
Les défauts de planéité et les différences de niveau entre carreaux, lorsqu'ils dépassent les tolérances, peuvent également être qualifiés de désordres, notamment s'ils créent un risque de chute.
Ce qu'il faut déclarer
La pose de carrelage au sol et en mur constitue l'activité principale. Elle doit figurer explicitement, avec mention des supports concernés.
Les chapes appellent une déclaration distincte chez plusieurs assureurs. Réalisées en amont de la pose, elles relèvent d'une technique différente et engagent une responsabilité propre.
L'étanchéité sous carrelage constitue le point le plus sensible. Les systèmes de protection à l'eau sous carrelage, obligatoires dans les pièces humides, relèvent d'une activité technique spécifique. Beaucoup de carreleurs les réalisent sans les avoir déclarés, ce qui les laisse découverts sur le sinistre le plus coûteux de leur métier.
Les grands formats et les poses spécifiques, carrelage extérieur, terrasses sur plots, appellent également une attention. Le carrelage extérieur subit des contraintes thermiques et hydriques importantes, avec une sinistralité supérieure.
Les revêtements de sol souples, PVC, linoléum, moquette, relèvent d'une activité distincte que certains carreleurs exercent également.
La rénovation sur support existant mérite enfin une vigilance particulière : documentez l'état initial, la frontière de responsabilité pouvant être discutée.
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Tarification et dossier
Le carrelage figure parmi les activités les mieux tarifées du bâtiment, sa sinistralité restant modérée en fréquence comme en montant.
L'étanchéité sous carrelage constitue l'exception : cette activité technique supporte un taux nettement supérieur, en raison des conséquences potentielles d'un défaut.
La pose extérieure et les terrasses sont également plus chargées, les contraintes climatiques augmentant le risque de désordre.
L'ancienneté de l'entreprise et l'absence de sinistre améliorent sensiblement les conditions. Le carrelage étant une activité accessible, les assureurs portent une attention particulière à la qualification réelle du dirigeant.
Votre dossier comprendra l'extrait Kbis, l'attestation de vigilance URSSAF, les bilans et le relevé de sinistralité. Précisez la répartition entre pose intérieure, extérieure et étanchéité : cette ventilation détermine le calcul de votre prime.
Pour un dossier complet, comptez vingt-quatre à quarante-huit heures avant réception de votre attestation.
Questions fréquentes
Un décollement relève-t-il de la décennale ?
Oui lorsqu'il affecte une surface importante rendant le local impropre à sa destination. Un décollement ponctuel peut relever de la biennale.
L'étanchéité sous carrelage est-elle couverte ?
Uniquement si elle est déclarée. Beaucoup de carreleurs la réalisent sans l'avoir mentionnée, ce qui les laisse découverts sur leur sinistre le plus coûteux.
Qui est responsable d'une fissure ?
Cela dépend de son origine : un support ayant travaillé engage le maçon, un joint de dilatation absent engage le carreleur. L'expertise tranche.
Le carrelage extérieur coûte-t-il plus cher ?
Oui, les contraintes thermiques et hydriques augmentent le risque de désordre, ce qui se traduit par un taux supérieur.